Rennes-Bretagne

Quand les auditeurs râlent

Après quelques années d'existence du poste de Rennes, les auditeurs commencent à se plaindre en nombre. Il faut dire que l'augmentation de puissance de certains émetteurs leur permettent d'écouter la différence avec des postes plus populaires comme Radio Toulouse. Globalement, les auditeurs estiment qu'il y a trop de musique classique à l'antenne. Fin 1935, un auditeur écrit au directeur et souligne qu'en une journée il a comptabilisé cinq heures de concert de grande musique interminables. Pas assez de jazz, de danse, de musique légère, les auditeurs s'ennuient !

De leur côté les Brestois se plaignent de ne pas recevoir le poste de Rennes alors qu'ils captent les stations étrangères anglaises, italiennes et espagnoles.

Combien d'auditeurs potentiels ?

Au début de l'année 1936, le nombre de personnes possédant une TSF en Bretagne se répartissait comme suit :

Ille-et-Vilaine 18180 ; Morbihan 8427 ; Loire-Inférieure 22387 ; Finistère 13440 ; Côtes du Nord 10121. Ce sont des chiffres inférieurs à ceux relevés dans les autres départements français. Mais en ce début d'année 1936, les fabricants de TSf espèrent beaucoup de la mise en service du nouveau centre émetteur en construction à Thourie qui fera passer la puissance de 40 à 120 kw.

Un nouveau centre émetteur

1936 marque un tournant dans l'histoire du poste Rennes-Bretagne. Un nouvel émetteur est installé à Thourie et sa forte puissance, 100 kw, permet à la station d'améliorer sa réception.

Aller à la page consacrée au nouveau centre émetteur de Thourie

Projet d'émetteur vers Brest dès 1938

Au début du mois d'avril 1938 l'administration annonce vouloir construire un émetteur dans l'ouest breton. Mais ce projet sera retardé. Ce n'est qu'après la guerre que l'émetteur ondes moyennes de Quimerc'h, entre Quimper et Brest, entrera en fonction

En 39, l'orchestre de la radio nationale se replie à Rennes

A la déclaration de guerre, les émissions de 9 h. et 16 h. 30 sont supprimées à Rennes-Bretagne. La mobilisation éclaircit les rangs du personnel technique

En septembre les artistes des programmes musicaux doivent se replier sur Rennes. Ce sont près de six cents personnes qui doivent alors être accueillies dans la capitale bretonne. Les grands émissions musicales de la radio nationale se font désormais depuis les studios de Rennes-Bretagne ou du théâtre municipal ce qui ne va pas sans poser de problèmes pour les répétitions des pièces locales.

Il y a notamment souligne l'Ouest-Eclair les deux chefs d'orchestre de l'Orchestre National : MM. D.-E. Ingelbrecht et Eugène Bigot; M Jean Clergue; M. Rhenè Bâton, chef d'orchestre de la Radio-symphonique; MM. Canterelle, Gressier. Ballly. EUls. Cohen. Localelli. tous assumant la direction des divers orchestres parisiens de la Radio Nationale; M. Maurice Babln. premier chef d'orchestre de Lyon-P. T. T., désigné comme chef d'orchestre de l'Orchestre de Rennes-Bretagne.M. Charcaton a été désigné par la direction comme inspecteur des services artistiques des émissions attaché au service de M. Bondevllle, directeur-adjoint des émissions de la Direction de la radio-diffusion.

Citons maintenant les chefs de services artistiques : MM. Faber. Tony Aubin; les chorales Félix Raugel et Gouverné; tous les solistes et instrumentistes de la Radio Nationale; toutes les vedettes du chant les concertistes réputés. Et encore les services artistiques de M. de la Presle et de M. Grandjean; M Pallas chef de centre et comptable de Radio-Paris: M David chef de centre de Rennes-Bretagne; Mme Mella, M. Rochut. régisseur général des orchestres : les metteurs en ondes, mélangeurs de sons, speakers et speakerines de Radio-Paris et de Rennes-Bretagne.

Citons, encore trois noms de chefs de chant : Mlle Etea Barralne; MM. Elle Cohen et Paul Fosse.

C'est depuis les studios de la capitale bretonne que seront retransmises désormais — centralisées par M Redel. secrétaire général des émissions — par Paris-P. T. T. et Radio-Paris, la plupart des grandes émissions de la Radio Nationale. Les émissions de l'Orchestre Natlonal se font au Théâtre municipal.

— Et les groupements régionaux demanderez-vous. que deviennent-ils ? Nos comédiens, nos solistes du chant, nos

concertistes, nos conférenciers, tant de Rennes que de Nantes et d'Angers ?

— Nos groupements locaux et régionaux, comme les groupements parisiens, ont été désorganisés par la mobilisation. Peu à peu. Ils se reconstituent. Tous les services artistiques de la Station, sachez le bien reprendront leur activité sur l'appel de la direction de la Radio-diffusion nationale et selon ses instructions, selon aussi, cela va sans dire, les besoins Nous sommes encore dans la période de réorganisation. Il faut s'armer de patience.

Comme vous le voyez, lecteurs sans-filistes la musique gardera sa place importante dans la Radio française, de même que les émissions dramatiques, les conférences littéraires, scientifiques, artistiques et philosophiques. M. Georges Duhamel vous l'a dit : des cours de langues vivantes, sciences et lettres histoire et géographie seront bientôt organisés — ils le sont déjà — par une véritable "Université des Ondes". Quant aux émissions d'informations, elles sont, vous le savez, abondantes.