Un nouveau centre émetteur

Après une polémique sur la situation géographique du futur émetteur de Rennes-PTT, l'Etat préfère La Thourie, à une trentaine de km de Rennes à Guerlédan plus central pour couvrir toute la Bretagne. Résultat : les agglomérations de Rennes, d'Angers et Nantes seront bien couvertes mais l'ouest de la Bretagne restera à l'écart. Après la guerre un second émetteur devra être implanté à Quimerc'h près de Chateaulin (29).

La Thourie, une nouvelle étape pour Rennes-Bretagne

Au printemps 1936, les derniers préparatifs vont bon train sur le site de La Thourie, une petite commune d'Ile et Vilaine proche de la Loire-Inférieure et du Maine et Loire. Rennes-Bretagne se prépare à quitter son site rennais de 40 kw pour ce nouvel centre émetteur de 120 kw distant d'une trentaine de km. La passage au ministère des PTT du député de Saint-Malo Charles Guernier a permis de faire avancer ce dossier très attendu des auditeurs de l'Ouest.

Un pylône de 220 m a été installé. Sur place M. Fagot, ingénieur de la Société française électrique est chargé du réglage et est assisté du chef monteur M. Leforestier ; M. Magon de Als-Thom (Alsace-Thomson) s'occupe des notamment redresseurs de courant. Il y a également M Vilatte, chef de station, plus des ingénieurs des PTT, Moreau et Dilbarry.

La station se compose de trois corps de bâtiments qui s'étirent sur une façade d'une centaine de mètres. Il comporte deux ailes. A gauche, les moteurs électriques et les ateliers et à droite, les appartements des quatre fonctionnaires des PTT.

Au premier étage du bâtiment central se trouve la passerelle de commandement du poste avec son tableau de bord.

L'émetteur comprend trois lames, une première de 2000 F, la deuxième de 25 000 F et la dernière de 80 000 F construite à Levallois chez SFR. Le site de la Thourie dispose de six lampes, dont deux en réserve. Le refroidissement est assuré par un circuit d'eau distillée de 100 litres à la minute qui évite le dépôt de sel sur la plaque de la lampe. Prévues pour durer 4500 heures, les lampes sont en location-abonnement. Si elle casse avant, la société la remplace.

Au rez de chaussée du bâtiment se trouve l'alimentation permettant de fournir les 20 000 volts nécessaires à l'alimentation des lampes de puissance.

La mise en service de l'émetteur de Thourie

L'émetteur de Thourie fait ses premiers essais le 27 mai 1936 de 16 à 18 heures. Un programme de musique non stop est diffusé et les auditeurs sont invités à téléphoner pour donner leur avis sur la réception. Le lendemain, les essais se poursuivent de 10 à 11 heures et de 16 à 17 heures. D'autres tests ont lieu les jours suivants à des heures variables.

Ce n'est que plusieurs mois après que l'administration des PTT procède au basculement. Le lundi 12 octobre, Rennes-Bretagne commence à être diffusé par le nouvel émetteur tant attendu.

L'inauguration officielle s'est fait attendre

Remise d'année en année, l'inauguration du site de Thourie a enfin lieu le 19 février 1939. Ce dimanche, Jules Julien, ministre des PTT arrive à 9 h 15 au studio, rue du Pré-Botté à Rennes où l'accueillent les membres du conseil de gérance de la radio, dont son président, Raymond André (le ministre était arrivé la veille et avait dormi à la préfecture). Le ministre est accompagné de Charles Guernier, son prédécesseur (et député de Saint-Malo) le père de la station de Thourie. Ensuite, direction Thourie où le cortège officiel arrive à 10 h. Le petit village s'est entièrement pavoisé aux couleurs tricolores. Puis, c'est la visite au centre émetteur et le retour à Rennes. Lors de son allocution le ministre évoque un émetteur relais dans le Finistère. Sa construction ne dépend plus que de l'achèvement du câble reliant Rennes à Brest.